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Manon Pouivet, mécanicienne modèle et médaillée de bronze aux WorldSkills. Un jeune talent qui fait rayonner les savoir-faire du territoire

Publié le 30 octobre 2026 à 10h15

À l’occasion des RDV de la Mode Responsable, qui accueilleront les WorldSkills lors de la plénière d’ouverture et d’une table ronde consacrée aux savoir-faire, la Samoa met en lumière les talents du territoire. Parmi eux, Manon Pouivet, 22 ans, formée à Cholet et médaillée de bronze à la compétition mondiale WorldSkills Shanghai 2026. De ses premiers pas en couture aux ateliers de Balenciaga, elle revient sur un parcours guidé par la passion du métier et l’exigence technique.

Comment est née votre envie de travailler dans les métiers de la mode ?

« Tout a commencé à 10 ans, devant une émission de couture à la télévision. Ma grand-mère m’a ensuite appris à utiliser sa machine à coudre. Au début, je fabriquais des taies d’oreiller et des torchons, puis j’ai commencé à confectionner mes propres vêtements.

À la fin du collège, j’ai choisi volontairemen de m’orienter vers un lycée professionnel. J’ai suivi un CAP et un bac pro au lycée Jeanne Delanoue à Cholet, puis un BTS Métiers de la mode et du vêtement et une licence de modélisme au Lycée de la Mode. Pendant mon bac, j’ai aussi découvert les concours de métiers et j’ai tout de suite aimé la compétition. »

Comment se sont passées vos premières épreuves ?

« En 2022, j’ai remporté la médaille d’or nationale au concours Un des Meilleurs Apprentis de France, en prêt-à-porter. Une membre du jury, qui travaillait chez Balenciaga, m’a alors proposé de rejoindre cette grande maison de couture en alternance. Moi qui ai des parents agriculteurs, je n’aurais jamais imaginé un jour partir travailler à Paris !

En revanche, ma première participation à la compétition nationale organisée par WorldSkills France, en 2023, m’a laissé un souvenir amer. J’ai terminé quatrième, avec une médaille d’excellence, mais la compétition avait été éprouvante. Je ne voulais plus recommencer ! »

Que retenez-vous de votre expérience chez Balenciaga ?

« Pendant trois ans, j’ai travaillé comme mécanicienne modèle dans l’atelier de prêt-à-porter flou*. À partir des patrons, j’assemblais les vêtements à la machine. Il fallait trouver des solutions pour réaliser des pièces très complexes, inventer des techniques de montage ou imaginer les bonnes finitions. Nous préparions les défilés, avec beaucoup de prototypes à réaliser. Et nous intervenions aussi en coulisses, auprès des mannequins, juste avant leur passage sur le podium. C’était impressionnant et très enrichissant !

Cette expérience m’a fait progresser et m’a donné envie de retenter les WorldSkills. J’ai remporté le titre national en 2025, puis le bronze à la Compétition mondiale WorldSkills Shanghai 2026 [NDLR : soit le meilleur résultat français dans cette catégorie]. Pour m’y préparer, je n’ai pas compté mes heures : j’y ai consacré de nombreuses soirées, des week-ends et des vacances. Mais je ne le regrette pas ! »

Et maintenant, quelle suite envisagez-vous ?

« Je vais d’abord effectuer quelques missions d’intérim dans des maisons de couture à Paris, puis j’aimerais revenir dans le coin pour travailler dans le prototypage. Ici, nous avons de vrais savoir-faire dans la mode, avec de nombreuses entreprises de confection et de sous-traitance. À Cholet, il y a aussi deux écoles de mode qui attirent des jeunes venus parfois de loin. J’ai encore beaucoup à apprendre, mais j’aimerais bien, un jour, devenir enseignante pour transmettre à mon tour ! »

 

* spécialité de la confection consacrée aux vêtements souples et fluides, comme les robes, les blouses ou les jupes, par opposition au travail du tailleur, qui privilégie les pièces structurées.